Ecole du spectateur

Inscriptions Ecole du spectateur 2019 2020  par Alain Guyot le 2019-09-10

Ecole du spectateur 2019-2020

Madame, Monsieur,

  Pour la cinquième année consécutive, le partenariat avec le Théâtre municipal de Fontainebleau est reconduit. L’ « Ecole du spectateur » permet à 80 élèves du Lycée International  François Ier d’assister à des représentations de spectacles de qualité à un tarif exceptionnel : 7€ 50 la place.

  Deux groupes de 40 élèves environ iront voir 5 spectacles chacun. Ces « blocs » de 5 spectacles ont été constitués de manière sensiblement égale, en tenant compte des dates durant l’année : chaque groupe se verra proposer des pièces de théâtre et des concerts. Il n’y a pas de panachage possible.  Les élèves peuvent indiquer leur préférence pour l’une ou l’autre série de spectacles : nous essaierons de satisfaire les demandes en fonction du nombre de places disponibles…

 

  Les deux séries de spectacles retenues sont les suivantes :

Série A

 

1) Signé Dumas, écrit par Cyril Gély et Éric Rouquette

et mis en scène par Tristan Petitgirard

VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 • 20H30

 

2) Adieu Mr Haffmann, écrit et mis en scène

par Jean-Philippe Daguerre

MERCREDI 13 NOVEMBRE 2019 20H30

 

3) Félicité, Orchestre national d’Ile de France,

SAMEDI 11 JANVIER 2020 20H30

 

4) La Familie Flöz, docteur Nest,

mis en scène par Hajo Schüler et Michael Vogel

MERCREDI 11 MARS 2020 20H30

 

5) Phèdre, écrit par Jean Racine,

mis en scène par Brigitte Jaques-Wajeman

MARDI 12 MAI 2020 20H30

 

 

Série B

 

1) Dimitri Naïditch, Concert piano,

VENDREDI 8 NOVEMBRE 2019 20H30

 

2) La Ménagerie de verre, écrit par Tennessee Williams,

traduit par Isabelle Famchon et mis en scène par Éric Cénat

VENDREDI 22 NOVEMBRE 2019 • 20H30

 

3) Sganarelle ou le cocu imaginaire, écrit par Molière

et mis en scène par Milena Vlach et Jean-Denis Monory

VENDREDI 7 FÉVRIER 2020 20H30

 

4) Hamlet, écrit par Shakespeare,

adapté et mis en scène par Xavier Lemaire et Camilla Barnes

VENDREDI 6 MARS 2020 20H30

 

5) Les Crapauds fousécrit et mis en scène par Mélody Mourey

VENDREDI 24 AVRIL 2020 20H30

 

 

 

 

  Nous vous invitons à consulter le site: www.fontainebleau.fr et à télécharger la brochure «guide de la  saison théâtrale 2019-2020 » pour plus de détails sur les représentations. Certains de ces spectacles sont précédés d’une conférence par le metteur en scène à 19 h 00 au théâtre (présence OBLIGATOIRE des élèves retenus pour l’Ecole du spectateur).

 

 

INSCRIPTION A L’ECOLE DU SPECTATEUR

  NOTA : Cette activité culturelle relève du Foyer socio-éducatif du Lycée et implique d’être à jour de sa cotisation. Si vous n’avez pas encore adhéré pour l’année scolaire 2019-2020, établir un chèque séparé d’un montant de 10 € (montant minimum) à l’ordre du « FSE du Lycée International François Ier ». Vous pouvez joindre ce chèque à l’inscription à l’Ecole du spectateur.

 

   Le prix pour les 5 spectacles est de 37€ 50, à régler par chèque (sauf impossibilité matérielle) à l’ordre du « FSE du Lycée International François Ier ».

  Les élèves arrivent au théâtre et en repartent par leurs propres moyens.

  Vous trouverez ci-joint un document d’inscription à télécharger et à remplir lisiblement (adresses mail et numéros de téléphone fixe et portable notamment).

  Rappel des règles :

  1. Les élèves dont la candidature n’aurait pas  été retenue faute de place pourront demander à être réservistes en cas de désistement d’un camarade. Ils seront appelés sitôt une défection connue.
  2. Un élève dans l’incapacité de participer à un spectacle devra signaler son absence immédiatement par mail (via Vie Scolaire). Il sera remplacé par un camarade réserviste. TOUT ELEVE QUI « OMETTRA » DE SIGNALER SON ABSENCE SERA EXCLU (et remboursé) pour les spectacles suivants  et ses places attribuées à un élève en liste d’attente.
  3. Les places seront attribuées en fonction des priorités suivantes :
  1. Elèves participant à l’Atelier Théâtre,
  2. Elèves de Terminale L,
  3. Elèves de Première,
  4. Autres élèves de Terminale.
  5. Elèves de Seconde

  Le dossier complet devra être déposé (sous enveloppe portant les nom, prénom et classe de l’élève)  dans le casier de Monsieur Berr (n°24) en salle des Professeurs :

- lundi  16 septembre pour les élèves de l’Atelier Théâtre,

- mardi 17 septembre pour les élèves de 1ère L et Terminale L,

- mercredi  18 septembre pour les autres élèves de Première,

- jeudi  19 septembre pour les autres élèves de Terminale.

- vendredi 20 septembre pour les élèves de Seconde

Aucun dossier ne sera admis avant la date prévue pour chaque catégorie d’élèves. A l’inverse, tout dossier en retard perdra son ordre de priorité.

  Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments dévoués.

F. Berr

 

Hamlet - Louis Rubellin TL1  par Francois Rubellin le 2020-03-31

Jouer Shakespeare est un exercice difficile et périlleux, à double-tranchant. Indubitablement l’un des dramaturges les plus connus du genre théâtral, tous pays et époques confondus, il est pour la carrière d’un metteur en scène ou l’écueil ou le tremplin. L’expérience ne change rien à la chose et on a vu Ostermeier patauger dans la démagogie à la Comédie-Française pour La Nuit des Rois. Et, de toutes les pièces de l’écrivain, Hamlet est probablement la plus dangereuse. Par ses scènes, ses personnages et ses répliques emblématiques, par la philosophie et la réflexion qu’elle porte, l’interprétation de cette œuvre peut-être magistrale et brillante comme ridicule et catastrophique.

Pour ce qui est du spectacle que nous a offert Xavier Lemaire le vendredi 6 mars (déjà venu surs les planches bellifontaines pour incarner Alexandre Dumas), nous étions plutôt dans la première catégorie. Nouvelle traduction rafraîchissante et plus vivante, mise en espace inventive et réjouissante et acteurs au rendez-vous pour un Hamlet qui restera dans les mémoires.

Lors de la rencontre avec le metteur en scène précédant le spectacle, ce dernier nous a expliqué que toute la démarche qu’il avait effectuée, en partenariat avec Camilla Barnes, pour cette pièce, était une réactualisation « dans l’esprit de Shakespeare ». Comprendre théâtre baroque, anglais, bien différent des bienséances un peu guindées qu’on connaissait en France à l’époque où Shakespeare écrivait. Réactualisation, le mot a de quoi faire peur au premier abord. Nombre de mises en scène, partant (ou pas) d’un bon sentiment, ont été ratées en voulant jouer la carte de la dénonciation de causes complètement étrangères au texte de départ, telles celles luttant contre toutes formes de discriminations. Rien de tel ici, mais bien plutôt un royaume du Danemark atemporel, mélange de thèmes Vikings et d’heroic fantasy, où la pantomime devient chanson punk et où le décor est réduit à deux escaliers amovibles, créant tous les espaces possibles pour la pièce, des murailles du premier acte à la plage du fossoyeur. Un tel pari est osé, mais Lemaire le prend et réussit admirablement son coup puisque l’on est captivé du début à la fin, et, tout au long de la représentation, on est surpris par la régie, qui s’en donne à cœur joie (utilisation de la caméra, jeux d’éclairages…). Une mention toute particulière à Virginie H, pour les costumes : les costumes des personnages de soldat, d’Horatio sont inspirés des Vikings et des jeux de rôle impliquant lesdits guerriers nordiques. Ils confèrent à la pièce un aspect Game of Thrones aucunement malvenu puisque cette série (je ne l’ai pas vue, je l’admets) emprunte largement aux pièces et thématiques shakespeariennes. Pour les deux amis de Hamlet, Guildenstern et Rosencrantz, un habit symétrique rose qui n’est pas sans souligner une certaine forme d’homosexualité latente. Le fantôme du roi, recouvert de noir et de lamelles blanches fluorescentes, arrivait pour sa part depuis la salle jusque sur la scène : effet qui aurait été encore meilleur si la lumière verte indiquant une issue de secours n’avait pas quelque peu gâché la surprise. Le couple félon, Claudius et Gertrud, étaient quant à eux vêtus de costumes un peu suggestifs, une volonté du metteur en scène qui les imaginait comme amants de longue date : rajeunis par rapport à l’imaginaire collectif (les acteurs n’étaient pas les vieux grigous que les gravures ou les illustrations ont souvent présentés),  ils coupaient net avec un Hamlet austère, vêtu dans le premier acte d’un T-shirt et d’un bermuda noirs, que l’on retrouve déchirés, découpés, à partir du moment où il simule la folie.

La pièce se détache aussi par sa traduction inédite, revue et corrigée, à nouveau éloignée des clichés romantiques que nous ont donné à voir des siècles d’interprétation. Fabienne Pascaud, dans Télérama Sortir, écrit que la pièce y perd peut-être en profondeur métaphysique, mais c’est pour gagner en verve, en véracité et en humour. Le langage est plus cru, les expressions riches de la langue anglaise du XVIème siècle mieux retransmises, et Hamlet devient un personnage plus accessible, plus humain, moins perdu dans des considérations parfois abstraites pour le public. À titre d’exemple, la plus célèbre réplique de la pièce, pour ne pas dire du théâtre, être ou ne pas être : telle est la question, était traduite comme être ou ne pas être : c’est ça la question ! Audacieux mais payant : on ne s’ennuie pas une seconde.

Et pas de texte sans personnes pour le dire : les acteurs étaient parfaitement coordonnés, et la performance de Grégori Bacquet est tout simplement étonnante au sens premier du terme : toujours en mouvement sans pour autant en donner la nausée comme c’en est parfois le risque, le Hamlet qu’il incarne est mémorable. Notons de plus que l’acteur a quarante-neuf ans et qu’il jouait, parallèlement à cette représentation, deux autres spectacles à Paris et en apprenait un troisième pour cet été… Un grand chapeau.

Que dire de plus, donc, sur cette pièce qui m’a un peu déboussolé à la sortie, mais que je considère, avec le recul, comme l’une des meilleurs vues avec l’École du Spectateur. En espérant que ce ne soit pas non plus la dernière, puisque, en ces temps de pandémie, tout est à mettre devant un point d’interrogation… (Mais peut-être tout sera-t-il fini pour Phèdre, le 12 mai ?)

Sganarelle - Louis Rubellin TL1  par Francois Rubellin le 2020-03-18

L’on peut citer de Molière les habituelles « tartes à la crème » que sont Le Bourgeois Gentilhomme, Les Fourberies de Scapin, Don Juan, Tartuffe ou L’Avare (ne serait-ce que parce qu’elles sont rentrées dans le langage usuel – Harpagon, faire de la prose sans le savoir, être un Don Juan, que Diable était-il allé faire dans cette galère, tartufferie, etc.). L’école, le collège ou le lycée nous auront fait découvrir Le médecin malgré lui, Le Malade Imaginaire ou L’École des Femmes. Puis, selon la science de chacun, on pourra connaître Le Misanthrope, Les Précieuses Ridicules, Amphitryon… Et encore, ce sont à nouveau là des pièces qui sont rentrées dont le vocabulaire est resté d’une façon ou d’une autre dans notre langage. Puis viennent des pièces dont l’existence n’est connue que des littéraires voire des seuls initiés : Georges Dandin, L’école des Maris, La Critique de l’École des Femmes… et enfin Sganarelle ou le cocu imaginaire.

On pourra reprocher à cette introduction de présenter Sganarelle comme un rebut alors que des œuvres sont encore moins connues ou données (qui connaît Monsieur de Pourceaugnac ou La Jalousie du Gros-René ?) et que l’on ne voit pas vraiment où je veux en venir. C’est pourtant simple : la variété des pièces de Molière de qualité est telle qu’à première vue, on ne comprend pas pourquoi l’on a choisi de monter cette pièce plutôt qu’une autre. L’argument est faible et ne joue donc pas particulièrement en sa faveur : les quatre membres de deux couples, l’un marié (Martine et Sganarelle), l’autre pas encore (Célie et Lélie) sont tous des « cocus imaginaires ». Célie, se croyant délaissée par Lélie, s’évanouit dans les bras de Sganarelle et perd un bijou qui lui vient de son cher et tendre. Martine surprend le couple depuis sa fenêtre, et ramasse le bijou que sa prétendue rivale a oublié. Sganarelle voyant alors l’objet dans les mains de sa femme, lui prête sans tarder une liaison adultère… Cet extrait en italique n’est pas de moi (site internet du théâtre de l’Épée de Bois) mais résume plus clairement et objectivement que je ne l’aurais pu Sganarelle. Bien entendu, on ne tient pas un public très longtemps avec un synopsis pareil, et pour cause, le texte n’excède pas de les trente pages et sans doute l’heure de représentation. Pour autant, la mise en scène donnée le vendredi 7 février 2020 au Théâtre de Fontainebleau a étendu, jusqu’à plus soif, le temps – j’exagère, une petite demi-heure seulement.

En effet, le parti pris des deux metteurs en scène, Minena Vlach et Jean-Denis Monory, a été de monter Le Cocu Imaginaire (au théâtre de Fontainebleau vendredi 7 février 2020) comme une pièce baroque… au sens propre ! Suivant les principes de cet art, que M. Monory veut « total » avant l’heure, et tel que redécouvert par les travaux d’Eugene Green dans les années 1970, nous avons donc droit à des dialogues face au public, jamais en face à face (forcément, le Roi est dans la salle), des interludes musicaux longuets, des costumes, un décor et un maquillage chargés, des bougies pour seule lumière (qui offraient à la scène un éclairage tout à fait intéressant, et qui, heureusement, forçaient la pièce à respecter une certaine durée) et surtout, surtout, une exubérance dans la prononciation des dialogues. Je sais bien que c’est là le propre du baroque que de chanter les mots, d’aller dans l’aigu et dans le grave, le propre de l’ancien français que de dire les terminaisons muettes de tous les mots et de dire « oué » quand est écrit « oi ». Sans nécessairement la pousser à l’excès comme Wes Anderson, la symétrie, honnie par les artistes baroques pour lesquels elle est synonyme de mort, m’a manqué.

Les acteurs sont cependant à féliciter pour leur performance, qui a dû être incroyablement fatigante. Il ne fait là-dessus aucun doute. Reste que cette pièce m’a paru interminable, mais ce surtout en raison de mon aversion pour le baroque (qui, si elle a tendance à s’infléchir en musique, reste la même pour le théâtre) ; mais peut-être ne suis-je qu’un inculte insensible à l’art théâtral puisque nombreux étaient ceux qui, à la sortie, étaient requinqués, pour prendre l’exemple de la critique du journal Le Monde mise en exergue par l’affiche de la pièce…  À mon avis, s’il fallait vraiment mettre en espace le Cocu Imaginaire, une mise en scène actuelle, à l’heure des dates Tinder et autres nouvelles technologies de l’amour, aurait pu s’avérer intéressante. Car cette pièce ne mérite pas forcément  les gémonies : certaines répliques sont, après tout, très drôles… tout sauf un défaut en cette année pour le moins particulière.

Félicité - Louis Rubellin TL1  par Francois Rubellin le 2020-01-20

2020 marque les 250 ans de Ludwig van Beethoven. Pour fêter ce quart de millénaire (!), l’Orchestre National d’Île-de-France, qui investit le théâtre municipal de Fontainebleau une fois par saison, a interprété, samedi 11 janvier dernier, deux œuvres du compositeur allemand, le Concerto pour piano n°4, op.58 avec l’excellent soliste Federico Colli et la Symphonie n°4, op.60, le tout précédé d’une courte pièce surprenante, The Unanswered Question, de l’Américain Charles Ives (1874-1954) dans le cadre de ce programme Félicité.

Interpréter The Unanswered Question dans un concert dédié à Beethoven était un pari culotté, surtout pour un public qui pour la grande majorité, je le suppose, ne savait pas à quoi s’attendre et n’avait pas pris son billet uniquement pour cet étrange morceau. Sur fond d’accord parfait et tonal de Ré majeur aux cordes, une trompette pose une question, atonale, à laquelle répondent, dans l’atonalité aussi, flûtes, clarinettes et hautbois. N’ayant absolument rien contre la musique contemporaine, cette pièce ne m’a pas choqué, d’autant plus que j’avais assisté à la lumineuse conférence de Fabrice Fortin en amont du concert au Conservatoire municipal. Ce qui était encore plus osé, en revanche, c’était de faire suivre la courte pièce immédiatement par le concerto, comme si Beethoven offrait une réponse à la question que la trompette d’Ives avait décidé de laisser en suspens. Décision cohérente sur le plan tonal (et encore, une partie de l’orchestre évoluait dans l’atonalité) puisque le premier mouvement du concerto est en Sol majeur, dont l’accord contient le Ré majeur dans lequel jouent les cordes, mais presque absurde sur le plan historique et musical : Beethoven aurait trouvé la réponse à la question de Charles Ives cent ans avant qu’il ne la pose ? Cela n’a malheureusement guère de sens, puisque Ives s’interroge justement sur un monde musical ayant perdu sa boussole, tiraillé entre les reliques du romantisme et du postromantisme et le dodécaphonisme. Mais passons.

Le concerto, connu notamment pour faire débuter le soliste avant l’orchestre, s’enchaîna plutôt bien, tout comme, après l’entracte, la symphonie, pour moi le meilleur de ce concert. Cette œuvre, que Schumann qualifia de fluette jeune fille athénienne entre deux divinités scandinaves, exception au sein du travail symphonique de Beethoven, a été magnifiquement interprétée, par un orchestre qui, si bien sûr il ne vaut pas les surpuissants philharmoniques de Berlin ou de Vienne, a su donner le meilleur de lui-même. Sous la baguette de Case Scaglione, Beethoven a été transmis d’une excellente manière aux spectateurs, qui sont repartis enchantés, après de longs applaudissements… à la fin du concert, et jamais entre deux mouvements, que ce soit pour le concerto ou la symphonie, action d’une grande impolitesse dont la France a le secret (jusqu’à la Philharmonie de Paris…).

Je ne peux m’empêcher, cependant, d’émettre quelques réserves quant à ce concert. Sur le seul point de vue instrumental, il n’y a qu’à la trompette soliste de The Unanswered Question que je reprocherai un son peu fluide, difficile à la sortie, pour cinq notes répétées six fois. Je comprends que le stress ait pu jouer un rôle, et reconnais évidemment que je n’aurais pas été à l’aise à sa place. Seulement, un musicien professionnel se doit d’avoir un minimum de professionnalité et celle-ci n’était hélas pas au rendez-vous. Enfin, au moins ai-je pu l’entendre, ladite trompette, ce que ne pouvaient pas les auditeurs placés sous le second balcon, que ce soit au premier ou dans l’orchestre. Car l’acoustique du théâtre est ce qu’elle est, et les instrumentistes l’ont appris à leurs dépens. En effet, quiconque a déjà joué au théâtre de Fontainebleau (ou même, quiconque y est déjà allé) sait que la scène n’est pas immense, alors y mettre un piano de concert devant un orchestre pour lequel on avait dû retirer l’écran et les rideaux masquant le mur du théâtre était, d’un point de vue sonore, une décision malheureuse. Le son du piano, absorbé par la coupole de la salle du théâtre, couvrait l’orchestre qui, dans les passages où le soliste jouait forte, se démenait pour se faire entendre, presque en vain. Cette mauvaise acoustique, moins problématique pour ceux du premier rang que ceux du fond de la salle, ajoutée à des manques de violence dans les réponses de l’orchestre au piano dans le deuxième mouvement, m’a donc laissé une impression amère de quasi-déception pour la première partie du concert, heureusement compensée par la symphonie qui suivit.

Cette soirée fut malgré tout très agréable et je garde donc un très bon souvenir du dernier spectacle musical de cette saison de l’École du Spectateur.

Adieu M. Haffmann - Louis Rubellin TL1  par Francois Rubellin le 2019-11-24

Quatre Molières ! Quatre Molières 2018 pour Adieu M. Haffmann ! Meilleur spectacle privé, meilleur auteur francophone vivant pour Jean-Philippe Daguerre, révélation  féminine pour Julie Cavanna et meilleur comédien dans un second rôle pour Franck Desmedt. Autant dire que j’en attendais beaucoup, même si, au fond, je craignais une déception comme cela peut arriver lorsqu’une pièce est universellement reconnue par la critique. Et, bon sang, quel plaisir que cette petite heure et demie !

En 1942, Joseph Haffmann, bijoutier, décide, pour éviter le boycott antisémite que l’Occupation a engendre à Paris, de faire don de sa boutique à son employé, Pierre Vigneau. Ce dernier, en échange des sommes conséquentes qu’il accumulera grâce à la vente des bijoux, devra accepter de cacher M. Haffmann, dont femme et enfants ont pu fuir à Genève dans son bureau puis dans sa cave jusqu’à ce que la situation en France s’apaise pour les juifs. Pierre accepte, mais à une autre condition. Étant stérile, Pierre ne peut pas faire d’enfant à sa femme Isabelle, et ce sera donc Joseph qui, s’il veut rester dans ce qui était autrefois sa boutique, son appartement, devra s’en charger. L’atmosphère de ce huis-clos pendant les deux premiers actes est donc parfois électrique, parfois plus détendue, mais rarement agréable pour les trois protagonistes. Tous deux gênés, Isabelle et Joseph décalent l’acte le plus possible alors que Pierre fait fructifier le commerce, grâce, bien sûr, aux nazis à Paris ou aux collaborationnistes. Il se lie progressivement d’amitié avec Otto Abetz, l’ambassadeur du Reich à Paris, jusqu’à l’inviter, lui et sa femme, à dîner, au grand dam d’Isabelle. Joseph s’impose alors également à ce repas qui constituera le troisième acte, tendu et surprenant.

Tout, dans cette pièce, est à garder, à commencer par le pitch que je viens de résumer. Cette histoire renouvelle le motif quasi « classique » du juif caché pendant l’Occupation en lui donnant une tournure toute neuve, que Daguerre traite avec pudeur autant qu’avec drôlerie, pour un résultat touchant qui vous laisse tout ému à la fin de la pièce. Tout contribue à vous laisser sans voix dans cette mise en scène, à commencer par les acteurs, dont le jeu est absolument irréprochable. Charles Lelaure, dans le rôle de Pierre, incarne à merveille celui qui doute, qui flanche, pour finalement, au cours de ce dîner final, qui agit sur lui comme une catharsis, renaître plus fort. Si ce n’est pas Julie Cavanna mais Anne Plantey qui interprétait Isabelle, la qualité de jeu était, pour ce rôle complexe, tout à fait remarquable d’émotion et de douceur, donnant la réplique à Alexandre Bonstein dont le jeu me paraissait au départ très saccadé, mais qui en réalité collait à merveille avec son personnage. Enfin le couple Abetz, bien que « seconds rôles », offre à la scène du dîner un petit quelque chose en plus qui fit, pour moi, l’agrément final de cette pièce. Que ce soit Suzanne, la Française qu’Otto Abetz épousa et qui rajoute une touche d’humour (en finesse, attention) ou Otto lui-même tout en retenue, Salomé Villiers et Franck Desmedt ont été, il faut le dire, excellents.

Les décors sont extrêmement soignés, simples mais pas simplistes, pour éviter e surcharger la scène – ici, contrairement à Signé Dumas ce n’eût pas été nécessaire. À gauche, le bureau puis la cave de M. Haffmann. À droite, la cuisine des Vigneau. L’alternance, au départ, m’inquiétait quelque peu, mais Daguerre a su parfaitement doser les interventions et les scènes se déroulant tantôt en haut, tantôt en bas. À ceci s’ajoute la bande-son, tantôt musicale (un petit bijou), tantôt composée d’extraits d’émissions de radio d’époque (comment reconnaître un juif, ouverture de l’exposition le Juif et la France, jeunes Français s’engageant dans la SS…). Ainsi la pièce fluctue-t-elle entre humanisme avec la musique et morbidité avec la radio.

Oui, l’alternance, l’entre-deux, voilà bien ce qui caractérise Adieu M. Haffmann. Pas de manichéisme, même avec un sujet qui parfois s’y est prêté, ce n’est aucunement le cas ici. Chaque personnage, y compris Abetz, n’est ou tout blanc ou tout noir. On ressort de cette expérience théâtrale estomaqué et heureux, peut-être même plus humain. En tout cas, on ne regrette pas sa soirée.

Dimitri Naïditch - Louis Rubellin TL1  par Francois Rubellin le 2019-11-17

Le grand pianiste Friedrich Gulda a un jour dit que si Mozart ne swingue pas, c’est qu’on le joue mal. Alors combien Dimitri Naïditch le joue-t-il bien ! Le pianiste ukrainien nous a, en effet, subjugué par l’approche nouvelle de la musique classique qu’il nous a offerte vendredi 8 novembre 2019, dans un concert tout à fait prenant.

Oui, me voilà déjà dithyrambique et élogieux, mais il faut l’avouer le spectacle le mérite. Spécialisé tant dans la musique classique que dans le jazz, domaines dans lesquels il a été de nombreuses fois primé, Dimitri Naïditch a commencé à mélanger les deux sur une invitation de Jean-François Zygel dans son émission La boîte à musique en 2012 autour du compositeur Jean-Sébastien Bach. De fil en aiguille, notre pianiste a continué ce travail « jazzifiant » pour arriver à des spectacles comme celui de ce vendredi 8 novembre, mais aussi à son album Bach-up, qui sortira le 15 novembre prochain.

Le travail de Dimitri Naïditch n’a rien à voir avec les guignolades électroniques d’un Max Richter recomposant les quatre saisons de Vivaldi. Comme il nous l’a expliqué dans de brèves mais claires allocutions entre deux pièces, son travail, même si majoritairement improvisé, est le fruit d’une réflexion en amont tant sur le jazz que sur le classique. Ce soir-là, nous avons donc eu droit à des premières mondiales… et a fortiori des dernières. Imaginant les mélodies et les rythmes et les mélodies sur la scène (vraiment, on le voyait fredonner ce qu’il allait jouer sur le clavier), Dimitri Naïditch a, à partir des mélodies des œuvres originelles, décomposé et reconstruit des interprétations formidables. À retenir, surtout, ce qu’il a fait de la mondialement connue Sérénade de Schubert

Le pianiste, également, n’était pas distant de son public, l’apostrophant volontiers et d’une manière chaleureuse, humaine, sans l'aspect robotique que l’on peut parfois trouver chez des pianistes modernes. Ce qui ne l’empêchait pas de posséder une certaine virtuosité, au contraire même, puisque sous nos yeux – ébahis, il faut le reconnaître – il a mélangé deux des œuvres les plus ardues pour un pianiste, l’une des Méphisto-Valses de Liszt avec Petrouchka de Stravinsky, pour un rendu mémorable des mélanges des cultures occidentale, catholique-protestante (Méphisto), russe et orthodoxe (Petrouchka).

Malgré des bavardages, une indéniable atmosphère de convivialité régnait dans la salle, notamment grâce aux groupies sexagénaires dans l’orchestre (et loin de moi l’idée de me moquer, attention, c’était au contraire quelque peu touchant).

Ainsi donc, le premier spectacle de la série B de l’école du Spectateur pour 2019-2020 est-il une franche réussite, tout comme son homologue de la série A. Une année prometteuse a commencé !

Signé Dumas - Louis Rubellin TL1  par Francois Rubellin le 2019-10-06

Décidément, la vie d’un auteur semble être un sujet inspirant pour le théâtre. Retracer la création de Cyrano de Bergerac par Edmond Rostand ? Alexis Michalik s’en charge. Rendre hommage à Auguste Maquet, le nègre d’Alexandre Dumas qui écrivit bon nombre de chapitres de ses œuvres les plus emblématiques (Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, La Reine Margot…) ? Cyril Gély et Éric Rouquette s’y attèlent dans Signé Dumas, la pièce qui ouvrait en grande pompe le cycle 2019-2020 de l’École du Spectateur (et qui avait inspiré le film avec Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde).

Un grand moment, voilà comment je pourrais décrire cette soirée, un grand moment convivial et captivant, où l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Petite remise en contexte. En 1848, alors que la révolution embrase tous les pays d’Europe et sera, sauf en France, réprimée dans le sang, Auguste Maquet travaille dans le cabinet d’Alexandre Dumas, pour qui il est, petit à petit, devenu indispensable. Auteur de chapitres de ses romans-feuilletons à succès, concepteur d’idées pour les romans suivants, et prêteur de sommes importantes à Dumas qui est endetté de toutes parts, il est pour lui un associé et un collaborateur de la première importance. Celui qui signe, lui, s’empiffre, culbute des bergères et fait construire un manoir à sa démesure. Lorsque leur est annoncée la nouvelle de la démission de Louis-Philippe, Dumas y voit une occasion inespérée de devenir ministre de la Duchesse d’Orléans, régente, et s’empresse de dicter à Maquet une lettre adressée au peuple français, où il estime que la colère de celui-ci saura s’exprimer dans l’Assemblée conservatrice de la duchesse. Pour Maquet, les insurgés ne s’arrêteront pas à la simple démission de Louis-Philippe : ils veulent la République. Va alors commencer, à partir de ce désaccord, une querelle violente entre les deux hommes, où ils s’interrogeront quant au véritable père de Monte-Cristo ou de d’Artagnan.

On ne s’ennuie pas. C’est subjuguant, littéralement. Xavier Lemaire incarne à merveille Alexandre Dumas, un colosse tonitruant qui opprime un Maquet que l’on pourrait penser effacé et en retrait mais qui en réalité sait retourner contre Dumas ses propres combines. Une dualité que rend à merveille Davy Sardou (oui, le fils de Michel), qui livre une performance toute en finesse pour rendre son personnage convaincant. Car malgré les quelques interventions de Sébastien Pérez, plutôt convaincant en maréchal-des-logis dépassé par les événements qui frappent Paris, c’est bien autour de la confrontation électrique entre les deux hommes que la pièce va s’articuler, et c’est un bonheur. L’atmosphère, parfois extrêmement tendue, est vécue par le spectateur comme s’il était sur la scène avec les acteurs. Rien à reprocher à leur jeu : Lemaire est incroyable en Dumas, sa voix résonne sur la scène jusque dans les coulisses, l’écho donnant vraiment l’impression d’y être.

Les dialogues sont tout aussi excellents, et il est rare de trouver vraiment drôle une création contemporaine, mais comment faire autrement ce soir-là ? Certains diront vulgarité, je dirais truculence ; d’autres diront trop prolixe, je dirais qu’ainsi était Dumas et que ce qu’en fait Xavier Lemaire est incroyable de concret.

Quant au décor, il est recherché, admirablement bien fait et s’accorde à merveille avec la pièce, les accessoires sont utilisés avec brio et les éclairages sont discrets mais nécessaires et bien employés eux aussi.

Il n’est pas la peine de continuer, ce me semble, les louanges que je fais à Signé Dumas, par lequel, vous l’aurez compris, j’ai été conquis. Voilà donc une année théâtrale qui s’ouvre sous de très bons auspices !

Venez nombreux applaudir nos acteurs !  par Alain Guyot le 2019-05-20

La Guerre des Rose - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2019-02-24

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Certains penseront immédiatement que je n’ai pas apprécié La Guerre des Rose, puisque c’est une pièce de théâtre et que, de surcroît, ce n’est pas un classique. Ne leur en déplaise, j’ai beaucoup apprécié ma soirée du mercredi 13 février 2019.

La Guerre des Rose est une pièce de Warren Adler, écrite d’après son roman éponyme et qui avait donné lieu à une adaptation cinématographique il y a trente ans, en 1989, avec Kathleen Turner, Michael Douglas et Danny DeVito (qui l’avait réalisée). Elle raconte un divorce, une histoire de haine entre deux époux qui, après avoir cru s’aimer pendant près de vingt ans, s’entredéchirent et transforment la maison conjugale en un champ de bataille d’une incroyable violence, jusqu’à la fin, qui ne peut être autre que tragique. Dans cette mise à mort – parce qu’il n’y a pas d’autre mot –, les deux camps auront chacun un avocat qui se chargera d’envenimer cette affaire encore plus afin d’en faire une affaire d’ego à ego, Turner (avocat de Barbara) contre Goldstein (avocat de Jonathan), qui finiront de toute manière par s’entendre à la toute fin, s’associant, jeune loup et vieux renard.

A l’inverse, aucune réconciliation entre les époux n’est possible dans cette pièce, tout ne finit par un happy end, mais par une mort pathétique (et le mot est à lire dans toute sa polysémie), qui elle-même ne finira par les réconcilier, puisque la pièce commence par les deux époux face au public, devant le rideau, s’exprimant à nous depuis… l’au-delà, où, là encore, ils se haïssent. Et pourtant tout avait si bien commencé…

Voilà pour le synopsis. Adapter un roman en pièce de théâtre est quelque chose de particulièrement ardu, qui nécessite force jeux de mise en espace et qui, souvent, peut être dangereuse, tant pour la conservation de l’atmosphère du roman que pour la conservation de l’attention du public. À moins, bien sûr, de disposer d’un décor et d’accessoires conséquents. Ce qu’avait la pièce. Un très beau décor, loin du minimalisme de Mademoiselle Julie, avec tous les accessoires nécessaires au réalisme de l’intrigue ont pu maintenir notre intérêt éveillé pendant toute la représentation.

Toute la réussite de la pièce était aussi due aux deux principaux acteurs, qui pendant près d’une heure quarante-cinq ont été impeccables dans leur déferlement de haine progressif, ajoutant de l’humanité (!) aux personnages. Et pourtant, personne n’est à sauver, ni les protagonistes (les époux), ni – voire moins – les deutéragonistes (les avocats) dans La Guerre des Rose.

C’est une pièce, en effet, qui malgré une façade quelque peu comédie de boulevard, recèle au fond un potentiel « critique de la société actuelle » non négligeable lorsque l’on cherche un peu, mais pour le voir il faut beaucoup de second degré et un peu d’esprit, soit ne pas se borner aux vulgarités de langage et autres actions que l’on ne s’attendrait pas à voir au théâtre : ce sont bien de gens normaux que traite Warren Adler.

Ainsi donc, notamment grâce à ses acteurs disposant d’une solide réputation (légitime : Mathilda May est une actrice, écrivaine et chanteuse reconnue – César du meilleur espoir féminin 1988, quand même –, et Pascal Demolon, lui aussi acteur de télévision et de cinéma qui lui donne la réplique) et à sa mise en scène, La Guerre des Rose a été une belle réussite !

Hommage aux castrats - Louis Rubellin 1L1  par Francois Rubellin le 2019-02-22

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Rares sont les œuvres de Musique Classique qui me touchent réellement avant le XIXème siècle. Il y en a, bien sûr, mais elles sont peu nombreuses et presque exclusivement instrumentales. Alors un spectacle sur les castrats, ces chanteurs baroques castrés alors qu’ils étaient encore enfants pour conserver leur voix, avec contre-ténor homme, clavecin, viole de gambe et violon, autant dire que ce n’était pas particulièrement ce que je pouvais préférer. Une fois de plus, j’ai été très agréablement surpris par le spectacle.

Mathieu Salama, sopraniste reconnu, trois CDs derrière lui, venait nous faire l’honneur ce 8 février 2019 au théâtre de Fontainebleau d’une avant-première de sa tournée Arias Baroques et nous interpréter les morceaux de son dernier album –éponyme. Accompagné d’instruments aux sonorités étonnamment semblables, par moments, à sa voix, le chanteur a su envoûter l’ensemble du public par ses mélodies parfois reconnues comme des « tubes », ou d’autres à l’inverse connues des amateurs et spécialistes uniquement, mais qu’il a pu rendre accessible à tous.

Côtoyant tantôt des aigus cristallins avec sa voix de tête, tantôt des notes plus graves avec sa voix de poitrine, Mathieu Salama a su me « réconcilier » avec les arias de Vivaldi et Händel, qui composaient les trois quarts de la programmation et me faire apprécier encore plus l’Ave Maria attribué à Caccini et la Cold Song de Purcell, morceau d’ailleurs surprenant de modernité dans une époque où, somme toute, beaucoup d’airs se suivent, se ressemblent, et tombent dans l’oubli collectif pour n’être trouvables que dans la discothèque de quelques maniaques.

Je reconnais ensuite être loin de l’amateur inconditionnel de clavecin, mais son association, sur scène, avec la viole de gambe, ont donné au Rondeau d’Abdelazer, de Purcell (morceau rendu célèbre grâce à Benjamin Britten et au film Moonrise Kingdom, de Wes Anderson), une grâce et une profondeur non estimées. Notons ensuite que la viole de gambe, instrument avec lequel j’étais plus ou moins fâché depuis ma lecture de Tous les Matins du Monde, de Pascal Quignard, a redoré son blason à mes yeux.

Une très bonne surprise donc que ce concert, qui nous a fait voyager dans l’Italie et l’Angleterre des XVIIème et XVIIIème siècles, grâce à des musiciens d’un indéniable talent.