PSP#Papers

Rémi Brague - entretien!  par Francois Rubellin le 2020-03-26

Penseur parmi les plus profonds et influents des quarante dernières années, le philosophe spécialiste de l'islam et l'occident médiéval et académicien Rémi BRAGUE répond dans le présent document à dix questions posées par le groupe PSP dans le cadre de notre candidature à "Graine d'Académie 2020", suite à son exposé "Islam et pouvoir" auquel les neuf élèves du projet ont assisté lundi 9 mars 2020 dans les murs de l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

Le lycée remercie chaleureusement Monsieur Brague pour le temps consacré et la clarté de ses réponses.

Fontainebleau municipales 2020: entretiens!  par Francois Rubellin le 2020-03-14

Geneviève Machery, Isabelle Olzenski-Viennot, Roseline Sarkissian, Cédric Thoma et Frédéric Valletoux, maire sortant: ils sont cinq têtes de liste candidat-e-s à la mairie de Fontainebleau ces 15 et 22 mars 2020. Cinq projets exposés à Louis Rubellin (TL1) pour L'Ordonnance X, ici en versions intégrales (18 pages tout de même!)

Bonne lecture!



Nicolas Roth - Louis Rubellin (TL1)  par Francois Rubellin le 2020-03-09

Dimanche 1er mars 2020 était interviewé Nicolas Roth, juif hongrois survivant du génocide, au Mémorial de la Shoah, par le cinéaste et journaliste Jean-Louis Comolli dans le cadre des célébrations du soixante-quinzième anniversaire de l'ouverture des camps d'extermination et de la rénovation du Mur des Noms.

Louis RUBELLIN (TL1 SED) rend ici compte de la rencontre dans le présent document





Religions au féminin? - Louis Rubellin (TL1)  par Francois Rubellin le 2020-01-22

Jeudi 16 janvier 2020 à l'INSEAD s'est tenue la troisième conférence de la saison 2019-20, avec Delphine Horvilleur:

Les religions se conjuguent-elles au féminin?

Plusieurs élèves de PSP y ont assisté. Parmi eux, Louis RUBELLIN (TL1 SED) qui rend ici compte de l'intervention dans le présent document

B. Moron-Puech et E. Viennot - Entretien!  par Francois Rubellin le 2020-01-10

Le lycée accueillait donc mardi 3 décembre 2019 Benjamin MORON-PUECH (Paris 2-Assas) et Eliane VIENNOT (St-Etienne-Jean Monnet) pour une rencontre en trois temps (double intervention double entretien et échange avec la salle) sur "le langage inclusif" ou, plus largement, la "rédaction égalitaire", devant un public composé de deux groupes de Première spécialités SES (Valérie Corneloup) et HLP (David Le Golvan), et d'élèves PSP et/ou CVL.

Alissa SCHOPPHOFF (1ère 10 SID) et Margaux HAMON (1ère 11 SID) retranscrivent dans le présent document (suivre ce lien) l'entretien qu'elles ont mené, juste et logique prolongement d'une Controverse (55) d'Alissa remarquée par Benjamin Moron-Puech à l'origine de cette belle rencontre qui a à l'évidence mis à mal certaines idées reçues sur le sujet. Merci à Benjamin et Eliane pour leurs passion et raison communicatives!





Maryvonne Braunschweig - Résumé et entretien!  par Francois Rubellin le 2019-10-24

Le lycée accueillait mercredi 2 octobre 2019 Maryvonne BRAUNSCHWEIG (CNRD) pour une double intervention (résumé ci-dessous) suivie d'un entretien (suivre le lien) mené par Astrid van de Blankevoort (TES1 SID) et Ninog Jouanno (TS3 SIA). Merci à notre invitée pour la richesse de son propos, sa flamme communicative et la force des destins évoqués.

 

Le 2 octobre 2019, Maryvonne Braunschweig est venue au lycée François 1er pour nous parler de la déportation en Seine-et-Marne, et plus particulièrement de la répression et de la déportation à Fontainebleau de 1940 à 1944. Elle a réalisé un projet d’action éducative au collège de la Vallée à Avon en 1987-1988 sur les déportés d’Avon. La même année sort le film de Louis Malle Au revoir les enfants, qui raconte l’histoire de son camarade de classe Jean Bonnet ou de son nom allemand Hans-Helmut Michel, déporté pendant sa scolarité.

Répression et déportation à Fontainebleau-Avon : les enfants juifs du collège des Carmes et le père Jacques

Le 22 juin 1940, l’armistice entre la France et l’Allemagne nazie est signé. Selon celui-ci, les Allemands dirigent la zone occupée, mais un gouvernement français existe toujours (à Vichy). La France est le seul pays occupé à avoir une double autorité pendant la Seconde Guerre mondiale. Des mesures contre les juifs sont  mises en place très tôt, notamment avec l’ordonnance du 27 septembre 1940 qui oblige les juifs à se faire recenser. Le mot « Juif » est alors écrit sur leurs cartes d’identité qui deviennent obligatoires même pour les enfants juifs. Les ordonnances, décisions prises par les Allemands, doivent être distinguées des lois qui, elles, sont prises par le gouvernement de Vichy. Les mesures antisémites ne cessent de se multiplier. Selon la loi du 3 octobre 1940, les professeurs juifs ne peuvent plus enseigner. Lucien Weil, un professeur du collège Carnot, l’ancien nom du lycée François 1er, est exclu de l’enseignement. Le père Jacques, au petit collège des Carmes à Avon, le fait travailler de temps en temps. Le père Jacques protège aussi trois enfants juifs : Hans-Helmut Michel (Jean Bonnet), Maurice Schlosser (Maurice Sabatier) et Jacques-France Halpern (Jacques Dupré), tous trois scolarisés au petit collège des Carmes, mais sous de fausses identités. Le 15 janvier 1944, les Allemands investissent ce collège et les arrêtent ainsi que le père Jacques, Paul Mathéry et Lucien Weil. Paul Mathéry était le secrétaire de la mairie d’Avon dont le maire était Rémy Dumoncel. Tous deux avaient fourni les nouvelles identités aux trois jeunes à l’aide de vrais documents remplis avec de faux noms. Tous deux faisaient aussi partie d’un réseau de résistance qui devait sans doute faire du renseignement pour l’Angleterre. Le 15 janvier, suite à l’arrestation des enfants et du père Jacques, le SS Korff, officier allemand du SiPo-SD (Sicherheitspolizei-Sicherheitsdienst), annonce que la fermeture du collège. Les trois adolescents juifs (13, 15 et 17 ans) ainsi que la famille de Lucien Weil arrêtée le même jour sont envoyés à Drancy puis déportés au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau le 6 février, où ils sont assassinés dans une chambre à gaz dès leur arrivée. Paul Mathéry et le père Jacques sont emprisonnés à Fontainebleau puis transférés à Compiègne avant d’être déportés à Mauthausen. Le 4 mai 1944, c’est au tour de Rémy Dumoncel d’être arrêté par les Allemands puis déporté en Allemagne : lui aussi meurt dans un camp de concentration. Rémy Dumoncel et le Père Jacques ont été reconnus « Justes parmi les nations » en 1985 pour l’aide qu’ils ont apportée aux juifs, au péril de leur vie.

Adélaïde Hautval (2e intervention)

Adélaïde Hautval est née en 1906 à Hohwald et est morte en 1988. Elle a vécu un destin exemplaire dans la tragédie. Elle grandit en Alsace et fait des études de médecine. Elle devient alors psychiatre à Strasbourg. Tout commence à cause d’une histoire de bagage. Lors d’un voyage, son bagage n’arrive pas à destination. Elle essaie de le retrouver à Vierzon sur la ligne de démarcation. Là deux policiers allemands insultent la France ; très patriote, et germanophone, elle réplique. Comme elle n’a pas d’Ausweis (autorisation allemande de franchir la ligne de démarcation), elle est arrêtée et condamnée à cinq semaines de prison. En prison, elle découvre une femme portant l’étoile jaune, ce qui la scandalise. Elle s’en fabrique une en papier, l’agent de la gestapo qui le découvre lui dit : « Puisque vous les défendez, vous partagerez leur sort » ! Et elle est envoyée au camp de Pithiviers d’internement pour juifs de Pithiviers. Elle y exerce les fonctions de médecin et fait tout son possible pour aider les internés juifs. Après plusieurs transferts en France, elle est déportée le 24 janvier 1943, dans un convoi de 230 résistantes dont Danielle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier et Charlotte Delbo à Auschwitz-Birkenau, premier convoi de femmes résistantes et seul convoi de femmes non juives à Auschwitz. À leur arrivée, elles chantent la Marseillaise, redonnant du courage aux autres femmes de toute l’Europe déjà détenues en ce lieu. Toutes ont leur matricule tatoué sur l’avant-bras gauche ; le sien : 31 802. Étant médecin elle est affectée à un block de l’infirmerie.

Dans ce complexe concentrationnaire, des médecins allemands réalisent des « expériences médicales » en gynécologie. Leur but : pouvoir stériliser les femmes des peuples jugés inférieurs. Ils utilisent des détenues juives comme cobayes, leur injectent des liquides caustiques, les irradient aux rayons X, puis les opèrent… Les docteurs Wirths et Clauberg lui demandent sa participation, elle refuse, comme elle le fait par la suite avec le Dr Mengele. Pour son refus, elle aurait dû être exécutée et y échappe de peu. Elle est ensuite envoyée au camp pour femmes de Ravensbrück où elle essaie d’éviter l’envoi vers la chambre à gaz des détenues les plus affaiblies. Après la libération de ce camp, elle reste encore deux mois sur place afin de soigner les survivantes trop affaiblies. Adélaïde Hautval est un exemple de courage et de droiture morale. Elle est reconnue Juste parmi les nations dès 1965 (la quatrième en France). En 1988, très affaiblie et malade, elle se donne la mort.

“Haïdi, c’est une conscience ! ” a dit d’elle Marie-Claude Vaillant-Couturier, sa camarade de déportation.

Astrid van de Blankevoort (TES1) et Ninog Jouanno (TS3), le 2 octobre 2019





Terres et métaux rares (2) - Virgile Baudet (TL1)  par Francois Rubellin le 2019-10-03

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Jeudi 26 septembre 2019 à l'INSEAD s'est tenue la deuxième conférence de la saison 2019-20, avec Guillaume Pitron, un an après son précédent passage:

Terres et métaux rares: guerre économique et écologique?

Plusieurs élèves de PSP y ont assisté. Parmi eux, Virgile BAUDET (TL1 SED) qui rend compte de l'intervention dans le présent document

Populisme, la menace? - P.-L. Bouillot (TS4)  par Francois Rubellin le 2019-09-20

Jeudi 19 septembre 2019 à l'INSEAD s'est tenue la première conférence de la saison 2019-20, avec Monique Canto-Sperber (CNRS-CNE-ENS-PSL):

Tentation du populisme, menace sur le pluralisme politique, danger pour notre liberté: quel futur pour la démocratie libérale?

Plusieurs élèves de PSP y ont assisté. Parmi eux, Pierre-Louis BOUILLOT (TS4 SED) qui rend ici compte de l'intervention dans le présent document

Maxime Mercier (1ES2) - Quel Parlement européen?  par Francois Rubellin le 2019-06-07

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Les élections européennes du 26 mai 2019 ont donc rendu leur verdict. Vainqueurs, perdants, confirmations, surprises... Maxime MERCIER (1ES2 SEA) en résume les principaux enseignements de cet événement, en anglais ou en français. Occasion de réfléchir aux perspectives politiques qui se dessinent pour une Union européenne au visage profondément modifié... ou d'actualiser ses connaissances en vue des épreuves écrites d'Histoire-géographie et/ou de SES!

Michael JASTRAM, Louis Rubellin: Interview  par Francois Rubellin le 2019-05-26

Au vernissage de son exposition, L’Ordonnance a pu rencontrer l’artiste Michael Jastram et lui poser six questions (en allemand) sur lui-même, l’Europe et son travail, dont voici la transcription et la traduction. Nous l’en remercions encore ! Interview réalisée par Louis Rubellin (1L1 SED) à la galerie artfontainebleau samedi 11 mai 2019.

Photos Virgile Baudet (1L1 SED)

L’Ordonnance (O): Ist das wichtig für Sie, ein ostdeutscher Bürger gewesen zu sein?

Michael Jastram (MJ): Es ist nicht wichtig, aber es ist vielleicht hilfreich, dass ich ein ostdeutscher Bürger gewesen bin, weil ich die Erfahrung aus zwei Gesellschaftsordnungen habe, die ich mitbringe.

O: Warum haben Sie Fontainebleau Ihr Werk Europa und der Stier geschenkt?

MJ:  Warum? Weil ich 2016 hier eine Ausstellung hatte, und dann habe ich gesehen, dass dieser Marktplatz sich im Umbruch befand, und ich konnte mir meine Statue da vorstellen (weil ich in dieser Zeit diese Arbeit gearbeitet hatte) und ich wusste, dass diese Region im Herz von Europa liegt. Und das hat für mich eigentlich eine Bedeutung, diese Arbeit hier zu bringen, weil wir alle Europa voranbringen müssen, und nicht einseitig oder abgekapselt sein. Für mich ist es, als europäischer Bürger, wichtig, dass wir die Errungenschaften, die wir in den letzten fünfzig Jahren erreicht haben, aufbauen und nicht zurückbauen.

O: In Ihrem Werk geht es oft um Geschichte oder Mythologie. Ist es also warum Sie Bronze am meisten benutzen?

MJ: Ja. Die Bronze ist eigentlich mein Material, was ich über Jahre gefunden habe. Ich habe wie alle Studenten, wie alle Anfänger in der Bildhauerei, angefangen: mit Beton, Stein oder Holz. Aber dann, als ich zu diesen Arbeiten gekommen bin, ging es nicht anders, dass ich diese Arbeiten nur aus Bronze arbeiten kann.

O: Was würden Sie einem Schüler oder Studenten sagen, der Kunst heute machen will?

MJ: Kunst ist nicht beliebig geworden, sondern anstrengend, und wer wirklich sich auf diesem Markt behaupten will, muss erstens an sich glauben, ein lange Warte mitbringen, und nicht zu schnell zufrieden sein, weil Kunst wie guter Wein sein muss, sie muss reifen.

O: Glauben Sie, dass ein Künstler heute engagiert sein muss?

MJ: Ein Künstler sollte engagiert sein. Er lebt in unserer Zeit, und er kann nicht an Sachen vorbeigehen: der Künstler ist Teil der Gesellschaft.

 

L’Ordonnance : Est-ce important pour vous d’avoir été un citoyen d’Allemagne de l’Est ?

Michael Jastram : Ce n’est pas important, mais sans doute assez bénéfique, car j’ai l’expérience de deux sociétés différentes.

O : Pourquoi avez-vous offert votre œuvre Europe et le Taureau à Fontainebleau ?

MJ : Pourquoi ? Car en 2016 j’ai fait une exposition ici ; cette place du marché connaissait d’importants changements et je pouvais y imaginer ma statue (sur laquelle je travaillais alors) une fois les travaux finis. De plus, cette région se situe au cœur de l’Europe. Or je pense que nous devons chacun apporter quelque chose à l’Europe, et n’être ni égoïste ou refermé sur soi. C’est important pour moi, en tant que citoyen européen, que nous continuions à construire et non à déconstruire ce que nous avons acquis ces cinquante dernières années.

O : On trouve souvent dans vos œuvres des sujets mythologiques ou historiques. Est-ce pour cela que vous utilisez le plus souvent le bronze ?

MJ : Oui. Le bronze est mon matériau de prédilection depuis des années. J’ai, comme tout étudiant débutant en sculpture, commencé avec le béton, la pierre, ou le bois, mais lorsque j’ai commencé à réaliser ces travaux, je ne pouvais pas les faire autrement qu’avec du bronze.

O : Que diriez-vous à un élève ou un étudiant qui, aujourd’hui, voudrait faire de l’Art ?

MJ : L’Art ne s’appréhende pas n’importe comment ou par accident, c’est quelque chose de prenant et d’exigeant. Qui veut vraiment se lancer dans ce marché doit d’abord croire en soi, posséder une grande patience, ne pas être satisfait trop vite, car l’Art doit être comme un bon vin : il doit mûrir.

O : Croyez-vous qu’un artiste, aujourd’hui, doit être engagé ?

MJ : Un artiste devrait être engagé. Il vit dans son et notre temps et ne peut passer outre ce qu’il se passe dans la société… dont il fait partie.

Propos recueillis par Louis Rubellin (1L1 SED), 11 mai 2019